mardi 27 juin
CHERS LECTEURS ET AMIS
Pour des raisons purement administratives, « ECLATS DE PAROLES » ferme les volets…Juste le temps de les rouvrir sous le même titre « ECLATS DE PAROLES » , dans la même optique et dans le même esprit : partager des moments d’écriture et d’amitié.
Nous vous attendons afin de recevoir vos textes divers et de poursuivre nos petits commentaires sous les consignes d’écriture, poèmes, avis, lectures ou nouvelles que vous retrouviez ici.
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A bientôt sur « ECLATS DE PAROLES » :
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Amicalement,
LORRAINE 
lundi 26 juin
LA CHANSON VIOLETTE
Une chanson violette griffonne dans mon cœur
Elle sait les jours de fête et les jours de déprime
Elle stridule en cadence et parfois j’en ai peur
Car sa longue patience m’obsède et me lancine
Les larmes de sabir, l’amour qui flotte au vent
Les mots qui se bousculent s’enroulent ou se déchaînent
La chanson violette les jette en ricanant
Et souligne du doigt pourquoi j’ai de la peine
La chanson violette affûte sa romance
Comme un vieil échotier affûte son écho
Qu’elle braille ou jacasse en son impertinence
Je sais qu’à tout espoir elle a mis l’embargo
La chanson violette gamberge dans ma tête
Ses tons fanés m’endeuillent mais soudain d’un sursaut
J’envoie aux oubliettes le refrain qui s’entête
Et me retrouve enfin libérée tout de go. 
LORRAINE
dimanche 25 juin
BONJOUR!
Les examens, les vacances pour certains, la chaleur pour d'autres, nous ont éloignés quelques jours. Certains partent, d'autres reviennent ou vont revenir. C'est le va-et-vient de la vie, une image en quelque sorte des naissances et des décès.
Qui cède la place à qui? Quelle dame âgée disparaît alors qu'un bébé va naître? Qui se marie quand d'autres se séparent? Et pourquoi? Je reste toujours songeuse devant ces liens ou ces ruptures que rien ne laissait présager. L'homme et la femme sont-ils si intensément "autres" qu'il leur faut un extrème amour pour vivre ensemble? Cet amour qui incite à l'indulgence, l'effort de compréhension, la discussion sans aigreur malgré les blessures, et ce sentiment si peu actuel, me semble-t-il de "faire la part des choses"? Accepter une divergence de vue, se dire que chacun possède sa vérité et tenter, avec diplomatie, de dépasser un malentendu, une discussion vaine pour déboucher sur une conversation fructueuse?
Etre amants, oui, mais aussi être "amis". C'est indispensable, selon moi. Et je ne sais vraiment pas pourquoi j'aborde un tel sujet alors que je voulais simplement vous dire "BONJOUR!". 
LORRAINE
mardi 20 juin
ETRANGER

Et qui donc a tenté d’écouter les accents
Pathétiques et vrais qui montaient de la cale
Où s’entassent écrasés, chétifs et chancelants
Les réfugiés d’ailleurs qu’on découvre à l’escale ?
Ils fuient l’ignominie ils trouvent le dédain
Comme si se sauver n’était qu’un badinage
Leur désespoir se tait car ces crève-la-faim
C’est en nous qu’ils croyaient. Nous sommes un mirage
Le kaléidoscope des peuples d’outre-ciel
Déconcerte ou fait peur. Ils sont la différence
Pourtant leur soif d’ailleurs est la faible étincelle
Qui les soutient encor au cœur de leur souffrance
Hommes et femmes, tous, et quelle que soit la race
Sommes du même bois, fragile ou flamboyant
Se regarder vraiment en rejetant les masques
Serait tresser, peut-être, un monde moins dément.
…Mais qui voudra pour hôte cet importun parent ? 
LORRAINE
lundi 19 juin
LE SILENCE DANS LA MAISON
Je suis seule dans la vieille maison, seule et les menus bruits du silence me grignotent l'âme; une heure lentement argentine tinte dans la chambre d'en bas. Un lambeau de fanfare me vient d'une rue voisine. Des pas pressés sur les pavés.
Je sais que dans la TV s'agite un monde. Il suffirait que je le veuille pour qu'une musique se déchaîne dans le studio ou qu'un ennuyeux monsieur bavarde de n'importe quoi. Si je souhaitais un cirque il surgirait des clowns; un théâtre et Molière camperait ici ses personnages; un music-hall, le voici.
Romanesque, je pourrais assister au "Mariage de Figaro", me voiler pour 'l'Enlèvement au Sérail" ou rêver à Don Juan. Gourmette, je noterais les menus d'une savante marmitonne. Serais-je d'humeur guerrière? Le "Journal" me détaillerait avec minutie les horreurs des massacres dans le monde
Le croirez-vous? A toutes ces ivresses, j'ai préféré le silence de la vieille maison où j'écris ces lignes.
LORRAINE 
dimanche 18 juin
LE VIEUX FAUNE
J’aimais dans les allées du parc, comme un fantôme
Ecouter le flûteau assourdi du vieux faune
Nous nous étions croisés, c’était un mercredi
Et ses yeux de statue semblaient me dire « Oui
Oui, la nuit je suis dieu, je délaisse le tronc
Sur lequel je m’appuie depuis deux cents années
J’entrevois Diane au bois, son genou, son talon,
Apollon qui la suit et Vénus étonnée
Un peu de vert-de-gris déguise ma cuirasse
Nous dansons quelquefois quand la lune étincelle
Et que le vent murmure une chanson salace
Qui fait rire Bacchus assis sur la margelle »
Hélas, je n’ai surpris que la pierre endormie
Irrémédiablement
murée dans son silence

Mais je crois le vieux faune a la flûte assourdie
Dont le regard me parle de toutes les absences
LORRAINE
samedi 17 juin
DELICIEUSEMENT NUL...
Etre nul et le savoir. Soudain, accepter de n’avoir aucun
génie particulier, aucun don, aucun talent, et être heureux quand même.
Se dire que marcher dans la rue est déjà un grand bonheur. Les
jambes avancent, le pied se détend, les yeux regardent un oiseau qui
s’envole. C’est magnifique. Ecouter la voisine qui invente
divinement des gâteaux succulents et admettre qu’on est bien incapable
de cuire un œuf. Et le dire, sans honte. Ce n’est pas
avilissant ne pas savoir cuisiner. D’ailleurs, la voisine
s’exclame: « Mais je vais vous donner un morceau de gâteau, vous m’en
direz des nouvelles ». Je me régale et je lui dit , très
sincèrement, que je me suis délectée. Nous voilà heureuses toutes
les deux, elle parce qu’elle est absolument géniale et moi parce
que je suis nulle..
Finalement, la vie est faite d’échanges. Ou devrait
l’être. Je suis nulle en couture, mais alors là, vraiment nulle !
Ma nièce a des doigts de fée. D’un bout de soie elle crée un corsage .
Mais elle peine à rédiger une lettre. J’écris sa lettre et elle
rafistole ma jupe qui serre un peu aux fesses.
Evidemment, ce qu’il faut quand deux nulles se rencontrent,
c’est qu’elles l’avouent. Qu’elles disent en quoi elles le
sont. Cela enlève les complexes et permet les accords. Inutile de
jeter cette vérité à la face du monde! Mais, simplement, sans
humilité comme sans orgueil, être "soi"...c'est-à-dire une personne
comme les autres, qui a ses qualités et ses manques, ose le reconnaître
et ne se désavoue pas au nom de je ne sais quelle fierté mal placée.
Bon! Comme je suis nulle en cuisine mais absolument brillante en
organisation, je m'en vais illico acheter ma réserve de plats sous
vide. J'aurai mes provisions pour trois ou quatre jours. C'est
excellent, les plats sous vide!...
LORRAINE

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vendredi 16 juin
LES YEUX AU CIEL ET LES PIEDS SUR TERRE!

Quand je suis grande …
Quand je me crois… grande,
Je marche avec mes pieds sur terre,
Les yeux, fermés au ciel.
Et je tombe sur mon derrière !
Bouffe et baise de la poussière.
J’ai mal aux fesses.
Elles se barbouillent de bleu, de vert
De peur et colère.
Ou je cogne un réverbère,
Je jure alors sur trente six chandelles
Qu’on ne m’y reprendra plus
Que j’ai compris la leçon,
Le sermon.
Pas sûr !
Et je rêve à …quand je serai petite
A…quand je deviendrai un enfant…
Je marcherai avec mes yeux ouverts à la terre
Les pieds, en grand écart dans le ciel.
Je volerai aux nuages, de l’ouate,
Des ailes ou de grosses pattes
De quoi faire l’ange, la belle ou la bête
Et même, si l’envie m’en prend…
Les trois, en même temps !
Je jouerai à cache- cache avec l’astre couchant et le vent
J’exhiberai mes appâts.
Je tirerai la langue,
Je ferai mille grimaces.
Enfin je m’inventerai toute une belle triste histoire
Et puis, je partirai en riant
Aux éclats de mes bonnes farces.
Un jour , mon prince reviendra … !
C’est sûr et certain
Un jour viendra
Où je serai sage
Où je resterai folle…
Peu importe.
Ce jour là, ma tête surgira, la première, des entrailles de la terre
Le feu me propulsera, toute entière,
Pour un long voyage,
Dans les bras du ciel.
Et de là haut, sur mon étoile,
Avec vue sur la planète,
Je chanterai,
Je danserai,
Amoureuse,
Du soir au matin,
Et du matin au soir,
Sans fin…
Immortellement.
MONIQUE
ET L'ORAGE FUT...

Rien,. Personne.
La pluie aux yeux de porcelaine
Traque le chemin courbe
Qui descend en cascade
L’orage s’éveille.
En douceur il dessine
Un profil bleuté sur un ciel rougi
Et le griffe, et le larde
Et le bat et lui hurle sa haine
…Et recommence
Il mord, il chuinte 
Il gronde dans l’antre
Enflammé du couchant
Et grommelle sa lassitude
Reprend force et jure
Blasphème et tend les poings
Au ciel impavide
Lugubre
… Je sais qu’il fera beau demain
LORRAINE…
jeudi 15 juin
BONJOUR! BONJOUR!..
Ah!
je vous ennuie avec mes "Bonjour" un peu naïfs, qui ne disent rien
d'autre que "Bonjour!" et ne vous apportent qu'un souhait porté sur les
ailes d'Internet! C'est pas grave! Je veux seulement vous montrer
ma sympathie.
Vous
aimeriez peut-être mieux que je vous entretienne du sérieux de ma
pensée? Qu'ensemble nous fassions un petit chemin de recherche pour
résoudre des questions très importantes? Par exemple, je me demandais
juste avant de vous écrire "Les tics sont-ils des tocs?". Avouez
qu'l y a de quoi réfléchir. Un tic est une manie du langage ou du
geste, qu'on utilise plus que de raison. Un toc...(trouble
obsessionnel du comportement) se traduit par des rituels absurdes dont
on ne peut se débarrasser: replier cinq fois de suite la serviette
qu'on vient de repasser, vérifier douze fois si on a mis le verrrou, se
relever pour constater que, oui, le robinet du gaz est bien fermé, mais
se relever dix-sept fois. Et ainsi de suite. Des resemblances
apparaissent, assez pour que je me pose la question: "Les tics sont-ils
des tocs?"
Si vous avez la réponse, dites-le-moi.
LORRAINE

